La patrie 05

 Les médias de masse

précédent suivant

Jules Fournier, journaliste de combat

<!--StartFragment--> Jules Fournier vers 1910. <!--EndFragment-->  

En 1910, le jeune journaliste Jules Fournier prête sa plume à un nouveau quotidien montréalais, Le Devoir. Le 10 janvier, il publie, en première page du premier numéro de ce journal, un article qui débute ainsi : « C’est un bel encrier tout neuf, rempli jusqu’au bord de bonne encre fraîche et claire. Oh! le merveilleux liquide! Comme il fera d’agréables éclaboussures sur de certains visages! »1

Jules Fournier n’est pas un simple reporter, c’est un journaliste de combat, un polémiste redoutable et un nationaliste indépendant. Il va d’ailleurs en irriter plus d’un pendant sa brève, mais brillante carrière.

Né à Coteau-du-Lac en 1884, le jeune Fournier fait ses études au Séminaire de Valleyfield où il aura comme professeur de rhétorique l’abbé Groulx. C’est là qu’il découvre sa passion pour la littérature. En 1903, il déménage à Montréal où il est engagé comme reporter à La Presse. L’année suivante, il devient courriériste parlementaire à Ottawa pour Le Canada. Il restera en poste pendant quatre ans et s’initiera à la politique.

En 1908, il est nommé directeur du Nationaliste en remplacement de son ami Olivar Asselin. Mais sa plume, souvent trempée dans le vitriol, lui attire des ennuis et les poursuites se succèdent. Des ministres l’attaquent en justice. Le procès le plus retentissant aura lieu en 1909 alors que sir Lomer Gouin, à titre de procureur général, l’accuse de « mépris de cour » pour un article intitulé Prostitution de la justice et dans lequel Fournier traite d’« ex-voyous » trois anciens politiciens libéraux. Il sera condamné à trois mois de prison, mais sera libéré après dix-sept jours d’emprisonnement à Québec. L’année suivante, Fournier publie un recueil de ses souvenirs d’incarcération.

En 1911, il fonde son propre journal, L’Action, un hebdomadaire qui disparaîtra en 1916, et dans lequel il dénonce les sots et les profiteurs du bien public. Fournier s’occupe moins de politique à cette époque, sauf lorsqu’il s’agit de politique municipale. Ce qui lui vaudra d’ailleurs un autre procès retentissant, intenté cette fois par Médéric Martin, maire de Montréal. Un procès que Fournier gagnera.

En 1917, le journaliste devient traducteur au Sénat, un poste qu’il n’occupera pas longtemps puisqu’il meurt au printemps 1918, probablement des suites d’une pneumonie.

 

1 Jules Fournier, « Mon encrier », Le Devoir, vol. 1, n 1, 10 janvier 1910, p.1


Sources :

  1. - http://books.google.ca/books
  2. - http://www.cslf.gouv.qc.ca/publications
  3. - http://bibnum2.banq.qc.ca
  4. - http://www.biographi.ca
Retour à l'accueil du journal