La patrie 10

 Les prisons

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Une prison au pied du courant

 

Entre 1808 et 1811, dans l’esprit de changement qui balaie le système carcéral, une nouvelle prison est érigée au Champ-de-Mars à Montréal. En 1826, l’établissement étant déjà devenu trop exigu, on décide d’ériger un autre bâtiment sur un site en bordure du fleuve, dans le sud-est de la ville, appelé « Pied du courant ». L’endroit permet l’utilisation de l’eau du fleuve et de plus l’élévation du terrain est idéale.

La nouvelle prison ouvre ses portes en 1836, mais elle ne sera achevée qu’en 1840. Construite sur le modèle de la prison de Philadelphie, c’est-à-dire avec un bâtiment central duquel partent deux ou trois ailes; elle a pour but un isolement strict et permanent, de jour comme de nuit.
Les cellules du sous-sol sont réservées aux condamnés, celles du rez-de-chaussée aux peines légères et le premier étage aux prévenus. Les mauvais créanciers sont logés dans des cellules plus confortables au deuxième. Enfin, tout en haut du bâtiment central, on retrouve la chapelle et les dortoirs des prisonniers affectés à l'entretien de la prison.

Malgré sa conception novatrice pour l'époque, cette prison est loin d’être parfaite. Il manque toujours les bâtiments annexes qui doivent servir au travail des prisonniers ce qui fait que le bâtiment principal devient rapidement trop exigu. De plus, le grand nombre de prisonniers qui y sont incarcérés en 1837-1838, lors de la Rébellion des Patriotes, ne permet pas de respecter l'emprisonnement individuel comme cela était prévu.

On envisage alors, en 1846, puis en 1851, de construire une aile supplémentaire, mais les inspecteurs des prisons prônent plutôt un nouvel aménagement, cette fois de type auburnien, du nom de la prison d’Auburn à New York, créée en 1824, et qui obéit à un régime mixte d’isolement nocturne et de travail en commun le jour, mais en silence.

Finalement en 1890, devant la dégradation continuelle des conditions d’incarcération, Honoré Mercier décide de fermer la prison et de faire construire ailleurs un nouvel édifice. Le projet est retardé et l’on ajoute simplement une nouvelle aile à l’ancien bâtiment, deux ans plus tard.

Le projet de la nouvelle prison est remis d'actualité en 1906 et en 1912. La prison du Pied du Courant est alors désaffectée et les détenus transférés à la nouvelle prison de Bordeaux.

 

Sources :

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